Le nouveau numéro d'Azerty vous invite à mener l’enquête au poulailler, à passer des messages sans le dire, à innover en Afrique, à vous instruire sur les chauves ou à réserver votre estibernation. C’est pas triste.
👩🏻 Bonjour à tous mes addicts du lexique. Si je vous dérange en pleine rédaction de votre dossier pour demander l’asile climatique dans un Picard Surgelés, je vous prie de m’en excuser. Quand Azerty sort du four, il faut servir tout de suite. Si j’étais vraiment taquine, j’irais jusqu’à dire « Chaud devant !»… mais je ne le dirai pas.
Photo de Egor Myzniksur Unsplash
Et pourquoi pas « Ventilateur », « Ballon » pour rebondir sur l’actualité bière-foot… ou « Procureur », car je suis encore sidérée par le traitement en France des plaintes pour agressions sexuelles sur mineur ? Pas la force, alors j’ai fait une sortie de route. Tout part de l’idée qu’avec cette chaleur, j’ai appris l’hécatombe dans les bâtiments d’élevage, qui sature les services d’équarrissage… Ensuite, de fil en aiguille, j’ai découvert que les volailles et les porcs ne transpiraient pas (moins pratique pour réguler la température), mais que dans le meilleur des cas, les poulets bien élevés faisaient la sieste sous les arbres. De grandes fermes en petits clics, me voilà confrontée aussi au boom du poulet, la protéine peu grasse et parfaitement adaptée à la baisse du pouvoir d’achat. La tendance s’est encore accentuée avec la folie du poulet frit, segment de restauration rapide qui croît le plus vite en France. Là où il y a un os, c’est qu’un poulet sur deux consommé en France est importé, majoritairement de Pologne et dans des conditions sanitaires opaques à découvrir ici. Décidément, il vaut mieux transpirer avec un éventail que finir en pilon de poulet.
Photo de Vitaly Garievsur Unsplash
Rien à voir avec le volatile, mais si je vous dis que je ne voulais pas vous parler de l’entrée en bourse de SpaceX pour un montant stratosphérique… tout en glissant quand même le lien pour en écouter plus, je fais une prétérition. C’est une figure de style qui consiste à parler de quelque chose après avoir annoncé qu’on ne voulait pas en parler. L’expression familière « Bon, je dis ça, je dis rien » s’en moque peut-être allègrement. La prétérition, c’est le « sans en avoir l’air » de la rhétorique. Et ce qui est bien avec la chronique radio sur SpaceX que je vous ai proposée, c’est qu’elle commence justement par deux prétéritions. Vous connaissiez déjà la combine de la prétérition ? Je peux alors vous inviter à frimer avec une tournure « asyndétique » qui se répand, celle qui fait disparaître la conjonction « que » à l’oral, comme dans « j’avoue, j’ai ri ». Asyndétique ? Heureusement, tout s’éclaire quand un linguiste-comédien nous le raconte face caméra en 3 minutes.
À l’origine, l’azimut est un terme d’astronomie, emprunté à l’espagnol acimut, d’origine arabe (possiblement al-Samt, « le droit chemin »). Il désigne l’angle formé par le plan vertical d’un astre et le plan méridien du point d’observation. Là, je suis déjà perdue, même avec une boussole. En fait, au quotidien, on rencontre surtout azimut dans cette expression qui veut dire « dans toutes les directions, dans tous les sens ». Je ne vous fais pas languir plus longtemps : comme il y a plein de directions, il y a du pluriel partout, donc on écrit bien “tous azimuts”, même si on entend un peu trop souvent la liaison erronée « toutazimut ». Un continent qui innove tous azimuts, mais un peu sous les radars, c’est l’Afrique. Elle pourrait même économiser des milliers de milliards de dollars d’ici 2050 avec le raccourci énergétique vers le solaire. Un exemple d’innovation devenue une référence mondiale ? La startup Zipline, créée au Rwanda, exporte désormais sa technologie de livraison pharmaceutique par drone aux États-Unis ou au Japon. C’est à découvrir par ici.
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